Sous la douche

Sous la douche, je ne peux pas enregistrer le bruit spécifique de l’eau qui tombe en trombe sur le haut du crâne. Pourtant, c’est ce son-là qui délimite l’espace. Tout un environnement est recomposé par ce seul bruit, ce bruit sourd et puissant qui coupe quelques instants le corps de ce qui l’entoure. Il n’y a plus que de l’eau qui coule, et le corps pourrait bien se diluer dans l’eau. Il n’a plus sa consistance habituelle, ou du moins, c’est ce dont nous apercevons, notre corps n’est pas si consistant que cela. L’idée d’un individu, au sens d’une entité distincte de l’environnement, l’idée d’une unité séparée d’une autre entité, qui serait le monde, par exemple, cette idée-là apparaît douteuse, faible et, finalement, peu intéressante. Je ne me dilue pas dans l’eau. Je me dilue dans le bruit de l’eau.

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Classé dans Enregistrements, Théorie

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