Versions, § 92. Être comme l’air.

Dans mon carnet, à la date du 13 avril 2014, j’ai écrit ceci : « “Être comme l’air.” — L’attention à l’atmosphère, à l’ambiance, au climat, suit logiquement dès lors qu’on ne croit plus en la substance. Nous ne craignons plus, en effet, les choses intangibles, celles qui semblent nous glisser entre les doigts, et manquer de consistance. Au contraire, nous comprenons que cet état des choses est partout autour de nous : subtil, léger, imperceptible, impermanent, intangible, délicat. Autant de raisons de n’en pas faire l’ontologie, mais d’y vivre. » — En me relisant, il me semble important de noter encore ce qui suit : il ne faut pas confondre cette nouvelle apesanteur ontologique avec quelque forme simpliste d’optimisme pour laquelle, il est vrai, elle pourrait facilement passer auprès de celui qui la traiterait elle-même avec trop de légèreté.

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2 Commentaires

Classé dans Littérature

2 réponses à “Versions, § 92. Être comme l’air.

  1. Si vous deviez réaliser une forme de manuel pour « être comme l’air », quels en seraient les principes ? L’idée est intéressante, séduisante, mais comment « faire » cela, en pratique ?

    • En fait, je crois qu’il y a deux façons — complémentaires — de répondre à cette question. D’une part, il me semble qu’il n’y a pas de manuel. La question est vraiment bonne, et c’est à une question de ce genre que j’ai essayé de répondre récemment (vous le lirez dans certaines des prochaines versions) : si je dis qu’il n’y a pas de manuel, ce n’est pas une façon de m’en tirer à bon compte en évacuant la question parce que je m’apercevrais que je ne parviens pas à donner des règles, mais parce que nous n’avons pas besoin de mode d’emploi ou de théorie. Ce dont nous avons besoin, en revanche, ce sont des modèles qui nous incitent à vivre d’une manière qui nous est propre, qui sont une réponse singulière au problème singulier de notre vie. Et, d’autre part, je voudrais dire que ces Versions que vous êtes en train de lire et que je suis en train d’écrire peuvent être considérées comme le manuel de cette manière de vivre : des fictions, des remarques, des hypothèses, des rêves, des maximes, etc. qui forment une sensibilité, quelque chose comme une esthétique et une morale. Simplement, elles ne constituent pas un programme à suivre — un peu comme s’il y avait un certain nombre d’étapes à suivre au terme desquelles on était certain de parvenir au but —, mais une série de pensées et de narrations qui interrogent la façon dont nous vivons et nous incitent — du moins, c’est leur intention — à nous interroger sur la façon dont nous vivons.

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