Versions, § 190. Entretien avec Vadim Blanc (8)

Je suis né à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, comme vous le savez. C’était en 1943. Mon père avait fini par trouver la mort quelques semaines auparavant, sur le Front de l’Est. J’emploie cette expression parce que, c’est ce que j’ai découvert en lisant ses carnets, il l’avait toujours cherchée. Quant à moi, si j’ai changé de nom, ce n’est pas pour échapper à cette identité, mais au contraire pour parvenir à la regarder comme on regarderait un étranger, froidement et durement. M’éloigner de mon histoire, c’était aussi, évidemment, la seule façon de l’écrire — j’entends par là : considérer le mal non seulement comme une structure innée de ma conscience, mais aussi comme un fait objectif.

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Classé dans Littérature

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