Writer, writer, writer !

VMK

— Qui par ce maussade mercredi se donnerait la peine de prendre l’autobus de l’Audedamm pour venir épier ce que je vais écrire ici ? lui ai-je demandé avec le plus grand bon sens.
J’attendais sa réponse quand est entrée une dame allemande de plus de cent vingt kilos qui a parlé très brièvement avec Alka, ou plutôt c’est celle-ci qui lui a parlé sur un ton très criard en lui racontant sûrement quelque chose car, quelques secondes plus tard, cette dame s’est dirigée vers moi d’un pas ferme et, de la façon la plus effusive, m’a serré dans ses bras avec un enthousiasme peu banal.
— Writer, writer, writer ! criait-elle, réjouie, comme si elle n’en avait encore jamais vu aucun de toute sa vie.
Elle me relâchait, puis me serrait de nouveau dans ses bras en criant : Writer, writer !
Rire gratuit d’Alka.
— Oui, je suis un writer, ai-je rétorqué mal à l’aise. Et alors ?

Enrique Vila-Matas, Impressions de Kassel, § 25
(traduction française d’André Gabastou).

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Classé dans Lire, Littérature

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