« Il me semble que c’est ainsi que naissent les meilleures religions. »

Mantra

Les plus grands prophètes ont toujours été ceux qui, au départ, ne croyaient en rien de tout ce qu’on utilisait — lorsque la foi déplaçait les montagnes et que les tremblements de terre se produisaient — pour éclairer le sombre monde des bêtes et l’obscure conscience des hommes. Les plus grands prophètes n’étaient que des élus d’eux-mêmes qui racontaient la même histoire, chaque jour un peu mieux, de village en village, d’année en année, jusqu’à ce que tout ce qu’ils criaient au bord de la mer, en haut d’un rocher vertical sur le désert horizontal ou pendus par les pieds à la poutre maîtresse des temples de la zone crépusculaire finisse par faire partie intégrante du paysage et de notre histoire. Toujours les mêmes mots dits et redits autant de fois que nécessaire jusqu’à ce qu’au bout du compte, miraculeusement alléluiaformes, ils soient obligés de croire à tout ce qu’ils étaient parvenus à faire croire aux autres.

Rodrigo Fresán, Mantra, pp. 145-146
traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon
Seuil, 2014

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