De la mort de la littérature

Nous pouvons croire, comme on semble le dire un peu partout, que la littérature est dépassée, finie, archaïque, que ce n’est qu’un mythe de plus, qu’elle est morte et que, dès lors, nous venons trop tard pour elle — c’est la doxa de notre époque. Si nous pouvons le croire, c’est que les histoires ont été remplacées par le storytelling et que les marques ont investi l’espace de l’imaginaire au point de faire passer leurs produits pour une expérience à même de donner du sens à l’existence de celui qui la consomme. Et nous devrions en effet le croire s’il n’apparaissait pas que la prétendue mort de la littérature n’est qu’une de ces expressions apocalyptiques et mal à l’aise desquelles on désigne la tendance générale à l’abandon de l’imagination au profit du capitalisme total. Après la disparition proclamée de l’œuvre, de l’auteur, et caetera, l’imaginaire se réduit à néant dans la circulation globale monétisée du moindre contenu. Tout n’est rien que bon à circuler. —— Il n’est pas certain que ce soit là le stade ultime du capitalisme ; il est en revanche certain que c’est le dernier stade en date du capitalisme : la colonisation de l’imaginaire.

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Classé dans Littérature, Théorie

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