Contre la colonisation de l’imaginaire

L’idée de composer un Contre la colonisation de l’imaginaire ne vient pas de l’ambition de construire une théorie ; — celle-ci ne serait guère plus qu’une vision du monde parmi d’autres. Or je ne veux pas de vision ; si je veux quelque chose, je veux voir. L’idée en est bien plutôt solidaire du désir de noter un certain nombre de choses (des remarques, des descriptions, des analyses, des rêveries, et caetera, tout ce qui peut bien s’écrire, en fait) qui pourraient donner une forme pas tout à fait floue à une manière de morale. J’emploie ce mot de morale parce qu’il s’agit de traiter de la vie et de la façon de la vivre. Si je devais résumer en trois mots cette morale, je parlerais et de la contingence et de l’imagination et de la singularité. Qu’ainsi, premièrement, nous devons trouver les moyens de vivre la contingence, pas comme si nous avions perdu quelque chose, qui serait la nécessité — nous n’avons rien perdu du tout, nous venons à peine de découvrir la contingence ; que, deuxièmement, nous devons conquérir l’imaginaire — la fiction n’est pas la facticité, mais l’outil par excellence pour inventer de nouvelles formes de vie, de nouvelles vies ; que, troisièmement, là où on n’a de cesse de décider à notre place de notre existence — là, c’est-à-dire : partout —, nous devons inventer notre propre vie.

Publicités

1 commentaire

Classé dans Littérature, Théorie

Une réponse à “Contre la colonisation de l’imaginaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s