Journal de Paris (4.2.16)

Comme toujours quand je parle avec B., j’ai cette impression d’une communauté de vues. Non que nous pensions exactement la même chose sur tous les sujets possibles et imaginables, mais ce qu’il dit, les remarques qu’il fait, les convictions qu’il exprime et les doutes qu’il fait entendre, il le dit dans le même esprit que moi. Je sens aussi chez lui une grande liberté, ainsi que la volonté de la conserver, et un désir qui ne s’épuise pas. Parfois, il me semble que j’envie cette richesse, mais c’est idiot : ce n’est pas quelque chose qu’il possède en propre et qui ne peut appartenir à personne d’autre que lui, ce n’est pas une ressource qu’il a privatisée, au contraire, en parlant avec lui, je la partage. Les conversations ne devraient jamais se dérouler autrement.

Ce qu’il y a de triste dans la vie, c’est qu’elle puisse ne pas toujours avoir le goût des oranges de Sicile — c’est-à-dire : de l’été — en hiver.

Dans le rêve que j’ai fait cette nuit, les images de la Mort à Venise se sont mêlées à celles de mon rêve. Et s’il n’y avait pas de Tadzio, une atmosphère délicieuse de fin du monde y régnait. À tel point que j’ai été déçu de me réveiller.

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Classé dans Littérature

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