Journal de Paris (7.2.16)

Le monde réduit à un îlot dans un océan ennemi. Qui peut désirer vivre ainsi ?

Déjà un mois que j’écris ce Journal de Paris. Je me suis toujours méfié des journaux. D’une part, parce qu’il me semble que ce que l’on y raconte sent trop souvent le linge sale. D’autre part, et surtout, parce que les contraintes qu’on croit créatrices confinent souvent à l’obsession. Tu crois qu’écrire tous les jours est en mesure de libérer des énergies qui resteraient autrement assoupies alors qu’en fait, tu ne fais que ressasser. Tu t’auscultes, mais tu ne vas nulle part. Je ne cherche pas à éviter l’un ou l’autre de ces écueils ; le simple fait que je sache qu’ils existent me suffit (en quelque sorte). En revanche, ce journal me permet de travailler de manière plus extensive, dans le temps, avec le temps qui passe. Alors que souvent, je n’écris que de manière intensive. — Et puis, je ne voudrais pas laisser croire que tout est vrai, même si rien n’est faux. Ce n’est pas cela (l’un des termes de l’alternative par opposition à l’autre) qui importe. Il faut chercher autre chose ; regarder ailleurs.

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Classé dans Littérature

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