Journal de Paris (8.2.16)

Un jour, n’importe lequel. — Quand il ne se passe rien ou presque rien ou bien alors quand tu as l’impression qu’il ne se passe rien, ce qui revient au même tellement c’est sensible, tu peux regarder tes pieds ou bien alors par la fenêtre dans l’espoir que quelque chose s’y passe et s’il ne se passe rien, et si tu ne veux pas épuiser la journée à faire et refaire la même chose, que feras-tu ensuite ? — L’ennui est une façon d’incorporer les phases d’abattement mélancolique (ce qui peut se traduire de la façon suivante : « Je m’emmerde, qu’est-ce que je m’emmerde », mais c’est moins élégant). Certains somatisent (comme on dit), d’autres se jettent à corps perdu dans le travail, mais ceux qui s’ennuient savent toujours qu’ils sont en train de s’ennuyer. L’ennui avec l’ennui, ainsi, c’est qu’il est toujours conscient de lui-même. Personne ne s’est jamais ennuyé sans dire ou au moins penser en même temps : « Je m’ennuie. Qu’est-ce que je m’ennuie. » Sans dire ou au moins penser en même temps : « Pourtant, regarde tout ce qu’il te faut encore faire. » Oui, je sais, je sais qu’il y a encore tant de choses à faire, je ne cesse pas une seule seconde d’y penser. Mais en attendant de parvenir à le faire, je m’ennuie. Qu’est-ce que je m’ennuie.

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