Journal de Paris (17.2.16)

Que dire de la fin du Rivage des Syrtes ? J’ai dû me forcer pour en achever la lecture. Non que le livre soit trop long ou le récit trop lent. Ce n’est pas ça, mon problème, au contraire : tout semble se précipiter et tendre soudain vers l’idée finale selon laquelle Aldo n’aura été que l’instrument d’Orsenna, de l’État, de quelque chose de plus grand que lui et qui le dépasse. Ainsi, l’apparition in extremis de ce personnage (Danielo), qui vient résoudre en un tournemain toute la tension, ou plutôt l’absence de tension, et confère un sens raisonnable à l’histoire, défait l’atmosphère de ses tirades sur le pouvoir. Tout le fantomatique, le fantastique, l’onirique se trouve réduit à néant, converti en une manière de réalisme politique. Défaitiste, triste. Par là-même, le volcan s’éteint.

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1

Le monde n’est pas comme ceci. Je ne suis pas un point dans un ensemble qui me dépasse.

 

 

2

Le monde n’est pas comme ceci. Je ne suis pas un moi qui se tient en face du non-moi ou en face duquel le non-moi se tient, que je représente ou reflète ou que je m’efforce de changer ou de combattre.

 

Je peux multiplier les négations d’images, mais puis-je produire une image positive ? Je pourrais imaginer une flèche. Je pourrais imaginer une spirale. Il faut surtout que j’imagine une vie. Il n’y a pas d’image de la vie. Il y a — la vie. (Est-ce que ces deux dernières phrases ont un sens ?)

[NdlCR, 4-6]

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