Journal de Paris (25.2.16)

En attendant les questions de correction, je viens de relire les premières épreuves non corrigées de Pedro Mayr. Dans le cours de la lecture rendue par moments un peu brumeuse par le rhume que je traîne depuis quelques jours, j’ai entrevu des directions dans lesquelles le roman aurait pu aller. Je ne me souviens pas si j’y avais déjà pensé et si je les avais écartées en écrivant (si je me pose cette question, c’est que j’ai dû y penser : à plonger, par exemple, dans le passé pour expliquer le présent alors que tel que j’ai conçu le roman, le passé n’est jamais qu’évoqué, il se déduit spontanément de ce que l’on lit). Et effectivement, j’aurais pu aller dans telle ou telle autre direction. Or, non seulement, ce n’aurait pas été le même livre (pure tautologie), mais surtout le livre n’aurait pas eu la qualité qu’il a, il n’aurait pas progressé dans ce climat d’étrangeté qui est le sien, comme s’il résidait et se déployait dans cette ontologie de l’étrange dont j’ai déjà parlé à propos du poème de Borges « El sur ». L’ontologie de l’étrange, c’est-à-dire : l’étrangeté de l’ontologie. Que les choses se modifient, qu’elles apparaissent différentes de ce qu’elles sont, qu’elles deviennent autres, qu’elles se transforment. Ontologie de l’étrange et étrangeté de l’ontologie pour mettre l’accent sur le devenir, la conversion continue de l’univers, et l’importance de parvenir à percevoir cette transformation incessante, d’isoler des moments de transition, de passage d’un état à un autre, les changements d’identité, de temporalité, de spatialité.

Écrit aussi une première version de ma présentation pour « La fabrique du livre » de Pierre Parlant et prévu des extraits à lire de Walkscapes, Le ceneri de Gramsci et Voyage sur un fantôme et lu effectivement l’ensemble de la présentation et des extraits à voix haute. Je crois que c’est à ce moment-là que je suis « tombé malade ». Dangereuse est la vie de l’écrivain qui rumine et s’enrhume.

Publicités

2 Commentaires

Classé dans Littérature

2 réponses à “Journal de Paris (25.2.16)

  1. Parlant

    Je vous en prie, ne tombez pas malade, ne ruminez pas trop, prenez soin de vous, je me sentirais sinon
    coupable de vous avoir sollicité…
    P.P.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s