Journal de Paris (2.3.16)

Autour de Montparnasse, le quartier dans lequel je vis depuis plusieurs années à présent, le nombre de familles vivant à même le sol ne cesse de croître. Certains soirs, quand je rentre par exemple du boulevard Arago, ce sont quatre cinq six familles (homme femme enfants) que je peux croiser en l’espace de quelque centaines de mètres à peine. Quand nous nous sommes installés, il n’y avait guère qu’un petit groupe de clochards ou simplement un type à quelques pas de chez nous sur le boulevard. Mais ces derniers temps, ce sont des familles entières qui s’installent ici temporairement. Et puis, il y a aussi en plein jour ces corps isolés allongés dans un sac de couchage au-dessus des bouches d’aération du métro, d’où sort un peu de chaleur, et qui restent là même quand il pleut. Lundi, par exemple, j’ai vu un corps comme ça, une masse noire échouée sur une bouche d’aération de l’autre côté du boulevard. Et je me suis demandé si c’était là que les corps s’échouaient avant de mourir.

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Classé dans Littérature

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