Journal de Paris (6.3.16)

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Quand tu parles comme tu le fais de la vie, tu ne dois pas oublier que tout ce qui existe — ou plutôt : tout ce qui arrive, t’arrive — pourrait être autrement. En ce sens, il faut parvenir à penser une vie, un sens de la vie, qui ignore la nécessité, qui soit impérieuse et contingente. L’idée que quelque chose s’impose sans jamais acquérir le statut de la nécessité — il n’y a pas de destin — est décisive pour penser une vie qu’il soit possible d’inventer, qui soit le fruit d’une fiction sans pour autant être une chimère.

Fictif ne veut pas dire irréel.

La fiction ne s’oppose pas à la réalité, comme si cette dernière était une manière d’afiction. Il faut repenser la fiction comme une puissance d’invention — et pas une invention en puissance, en attente de réalité — qui n’a pas à être définie par opposition à la réalité, comme ce qui n’est pas réel.

Quand j’invente quelque chose, ce n’est pas par opposition à la réalité. Ce que j’invente, c’est quelque chose de plus, qui n’existait pas et ne peut donc pas être rapporté à une quelconque réalité préexistante.

(NdlCR, 35-38)

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