Veille de fête nationale

Crois-tu que j’aurais pu attendre un jour de plus le monde ou simplement ce jour-ci de plus les éclaircies qui se dérobent et les nuages qui nous masquent les mouvements du ciel ou les mouvements dans le ciel eux-mêmes avions de chasse lancés après rien ou bien peut-être un mirage le passé si l’on allait assez vite rattraperait-on le passé ?

Crois-tu que j’aurais dû attendre un jour de plus pour finalement me taire comme tous les ans ne rien faire comme tous les ans sans l’air de rien comme tous les ans nous sommes un monde dans un monde un univers qui se refuse l’expansion nous avons abandonné l’ineffable mais nous n’avons encore rien trouvé à dire un an de plus plutôt sans rien dire simplement hausser les épaules comme toujours nous faisons et oublier une année de plus le ballet pas mécaniques des troupes et les chars à l’assaut de la foule qui jamais ne se clairsème un an de plus avec notre ironie mais quoi d’autre ?

Crois-tu que j’aurais voulu attendre un jour de plus tapi dans mon lit comme si c’était notre ultime abri anti-atomique quand les bombes tapisseront le sol contre nos rêves si j’attendais encore un an de plus je demeurerais toujours en mon lit et ce motif dérisoire unique moyen d’une lutte que personne ne considère moi-même je n’y comprendrais plus rien masse fondue dans la masse des âmes qui se pressent tous les ans pour voir le défilé combien d’années encore combien d’années encore ?

Crois-tu que nous irons plus loin un jour crois-tu que nous irons si loin que nous n’entendrons plus rien que nous ne nous soucierons plus de rien que nous oublierons d’où nous sommes enfin qui nous sommes enfin crois-tu que nous irons aussi loin qu’il le faut pour que disparaisse la masse des âmes qui entonnent en chœur le chant des partisans de l’armée des métaphores mortes l’hymne du passé qui jamais ne passe et de sa mémoire infinie pour qui chantent-elles ?

Crois-tu que j’en aurais assez un jour à la fin de ces questions ou alors en auras-tu assez toi de moi et de mes questions après tout elles ne servent à rien sinon peut-être à nous maintenir différents à l’encontre de la conscience équitable de l’époque et de sa morale en toc crois-tu encore en quelque chose d’autre que le départ que la fuite le dernier voyage quand nous ne nous retournerons plus quand nous serons d’où nous allons présent qui se déroule présent qui se continue sur les routes que nous imaginons mais quand sinon demain ?

Et puis comme tous les ans dans les cieux bleu gris comme les yeux que nous inventons les pales des hélicoptères qui nous observent comme des choses sans nom tournent en rond tournent en rond et il n’y a pas de fin et il n’y a pas de limite rien que l’esprit gigantesque qui nous possède qui nous pense qui nous projette sans cesse sur les petits écrans où nous errons dans son être comme une foule aveugle à son destin de grandir toujours pour être toujours moins.

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Classé dans Littérature

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