livres

 

 

 

 

 

 

 

 

Jérôme Orsoni
Pedro Mayr
« Un endroit où aller », Actes Sud, 2016

« Si Pedro Mayr n’existait pas, cela ne ferait pas de différence. »
Une histoire qui raconte l’histoire d’un auteur qui écrit des histoires et son envers, le narrateur, qui n’écrit pas, mais raconte l’histoire que le lecteur lit. Pedro Mayr est une divagation entre les hémisphères — de la terre comme du cerveau — au cours de laquelle le temps et l’espace semblent fusionner. Un premier roman déroutant et délicieusement ambigu sur le besoin de fiction, le jeu de l’imagination… et l’amitié. Un objet de pure littérature.

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Jérôme Orsoni
Voyage sur un fantôme. Rome, le scooter, et ma mère
les éditions chemin de ronde, 2015

Voyage sur un fantôme. Rome, le scooter, et ma mère est une géographie du possible, une déclaration d’amour à Rome, une lamentation sur le corps défunt, un hymne à l’invention de soi. On y chemine avec Nanni Moretti, Pier Paolo Pasolini, Jacob Burckhardt, Friedrich Nietzsche. On demande son chemin à quelques situationnistes en mal d’orientation. On y croise Stendhal et Audrey Hepburn. Avant de dialoguer, in fine, avec le chat d’Antonio Gramsci. Parce qu’après tout, en voyage, ce qui importe c’est de se poser les bonnes questions – et de les suivre en attendant de voir où elles nous mènent.

Cage-Feldman Radio Happenings

 

 

 

 

 

 

 

John Cage & Morton Feldman
Radio Happenings
Traduit de l’anglais (U.S.A.) par Jérôme Orsoni
Éditions Allia, 2015

« M.F. – Quand je travaille, je n’ai pas cette impression que mes sons, ou la musique elle-même, en un sens, soient ailleurs. Elle est ce qu’elle est et elle est là. Peut-être qu’en un sens, je me soucie plus de cela quand le bébé dort et que le téléphone sonne. Je ne veux pas qu’on le réveille, tu vois (Cage rit). Je ne pense pas que je me soucie tellement de moi-même, mais de l’œuvre que je fais… et qui, en un sens, devient bien plus séparée de moi qu’auparavant. J’avais l’impression quand j’étais plus jeune que j’étais inséparable de ce que je faisais et maintenant, il y a une scission. Il y a l’œuvre, et il y a moi-même. Et si j’ai un problème, c’est d’empêcher l’œuvre de devenir un objet, ou une chose morte. »
Ces deux-là ont beaucoup ri au micro, dans l’intimité d’un studio d’enregis­trement de la radio WBAI à New York entre juillet 1966 et janvier 1967. La forme alerte du dialogue permet de mesurer l’humour de ces deux grands compositeurs. Dans ce dialogue à bâtons rompus, dans cet échange de points de vue d’égal à égal, il est question de musique­ bien sûr, mais aussi de littérature, de peinture, de politique et du quotidien. La plupart des anglophones qui ont, ou écouté, ou lu la transcription de ces échanges, affirment avoir ressenti une fraternité, non seulement entre les deux hommes, mais aussi entre eux-mêmes et ces interlocuteurs. Proches du mouvement Fluxus, les deux compositeurs parlent aussi de leurs ratages et relatent de multiples anecdotes. Vous apprendrez ainsi comment faire fi du son de la radio de votre voisin sur la plage et aussi que la meilleure œuvre qui soit est issue d’une tête sans aucune idée à l’intérieur… Car, outre les éclats de rire, ces entretiens sont aussi ponctués de silences. Silences qui donnent du souffle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jérôme Orsoni
Des monstres littéraires
« Un endroit où aller », Actes Sud, 2015
Préface d’Eduardo Berti
Prix SGDL du premier recueil de nouvelles 

« Nous aurions pu inventer et reprendre, faire et défaire, aller de l’avant et revenir sur nos pas, faire un chemin dans un sens, et puis le faire dans le sens inverse, nous métamorphoser, et nous métamorphoser à l’envers. Aller partout, tout le temps, dans tous les sens. Rejeter comme l’anachronisme ultime la fin de l’histoire. Un jour, un insecte. Le lendemain, un homme. Et toujours des monstres littéraires. »
Dix-huit récits. Dix-huit chemins différents pour explorer le vaste territoire de l’écriture. Dix-huit « fictions » que laisse un mystérieux François, alias Dr Odake, après son départ pour Montevideo. Dix-huit « monstres littéraires » , espèces hybrides « actuelles, présentes, claires et limpides » abordant la pensée narrative.

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Kyle Gann
No Silence. 4’33” de John Cage
Traduit de l’anglais (USA) par Jérôme Orsoni
Éditions Allia, 2014

4’33” s’est étendue au point de devenir une rivière infinie dans laquelle chacun de nous peut plonger quand nous le souhaitons. On peut lui donner un cadre, sur scène ou sur disque, pour attirer l’attention sur elle. Mais pour ceux qui ressentent quelque affinité avec la façon dont Cage appréciait la physicalité du son, même cela n’est plus nécessaire.
« Vous ne croyez pas que cette fois, John est allé trop loin ? » demanda la mère de John Cage suite à la première représentation de 4’33’’ en 1952. Aucun son ne s’était alors fait entendre. Du moins, aucun son issu de l’instrument du pianiste David Tudor. Et pour cause, puisque sa partition ne comportait aucune note. Par contre, de multiples bruits, grincements de chaises et autres éternuements, étaient susceptibles d’envahir le silence. John Cage accomplissait là l’une des pièces de l’avant-garde musicale les plus influentes. Cette œuvre exerça même une emprise bien au-delà du strict cadre de la musique. Son retentissement fut énorme. De ce moment unique, Kyle Gann retrace l’histoire et la postérité. Il dresse la généalogie de cette œuvre inouïe, de ses origines jusqu’à son héritage contemporain dans la musique pop. Ce faisant, il dessine un portrait extrêmement sensible du compositeur, parvient à nous communiquer la fascination qu’il a exercée sur ses contemporains et à retracer la genèse de cette composition, qui est à rechercher autant dans la musique que dans les philosophies occidentales et orientales. Par le prisme de ces quelques minutes, une fresque intellectuelle, sensible et culturelle se déploie sous nos yeux. L’on rencontre Erik Satie, Marcel Duchamp, côtoyons Arnold Schoenberg, Robert Rauschenberg, Philip Glass, plongeons dans Henry David Thoreau avant de se ressourcer dans les philosophies zen.
Un livre plein de bruit et de fureur.

 

 

 

 

 

 

 

 

John Cage
Rire et se taire. Sur Marcel Duchamp
Traduit de l’anglais (USA) par Jérôme Orsoni
Éditions Allia, 2014

John Cage rencontre Marcel Duchamp en 1941. Trente ans après, il confie dans le présent entretien les souvenirs qu’il conserve de cet homme aussi simple qu’énigmatique. En 1913, Duchamp a composé un erratum musical de manière aléatoire. Raison pour laquelle John Cage le hisse en précurseur de ses propres recherches. Il rapporte aussi quelques anecdotes, et notamment la rare fois où Duchamp a perdu son sang-froid, lui d’ordinaire si magnanime : une mémorable partie d’échecs, que Cage Cage aurait dû gagner mais qu’il a perdue, mettant Duchamp dans une colère noire. Le compositeur rend aussi compte avec sa simplicité coutumière des grandes problématiques soulevées par Duchamp, et notamment le rapport entre l’œuvre et le spectateur, préoccupation partagée entre les deux hommes. Les deux œuvres s’offrent d’ailleurs l’une l’autre dans un miroir inversé : Cage explique avec une grande clarté avoir voulu développer la dimension physique de l’écoute quand Duchamp voulait réduire cette dimension dans la peinture. Pédagogique, drôle, émouvant, un témoignage inédit en français sur celui qui « prenait le fait de s’amuser très au sérieux ».

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Stefan Zweig
Volpone
Traduit de l’allemand par Aline Oudoul
Préface de Jérôme Orsoni
Petite Bibliothèque Payot, 2014

Un riche en bonne santé joue les mourants pour abuser d’autres riches dans la Venise du XVIsiècle. Telle est la trame de ce Volpone inédit en français, adaptation très libre de la célèbre pièce de Ben Jonson. Cette comédie, genre inhabituel chez Stefan Zweig, fait un triomphe dès 1925 sur toutes les grandes scènes, de Vienne à Léningrad, en passant par New York et Paris. Mais si l’argent est le ressort du comique de Volpone, l’auteur de La Confusion des sentiments a glissé dans son œuvre d’autres ingrédients qui lui donnent une nouvelle dimension, celle d’une farce profonde sur la manipulation, la recherche de sensations et les faux-semblants. Bref, sur notre époque.

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Francesco Careri
Walkscapes. La marche comme pratique esthétique
Traduit de l’italien par Jérôme Orsoni
Éditions Jacqueline Chambon, 2013

Ouvrage culte pour les urbanistes et les architectes, Walkscapes fait de la marche beaucoup plus qu’une simple promenade. Pour Francesco Careri, en effet, l’origine de l’architecture n’est pas à chercher dans les sociétés sédentaires mais dans le monde nomade. L’architecture est d’abord traversée des espaces : ce que Careri appelle parcours. Ainsi le menhir, point de repère dans l’espace, à la croisée des chemins.
La marche est esthétique, comme la conçoit André Breton pour la place Dauphine. Elle révèle des recoins oubliés, des beautés cachées, la poésie des lieux délaissés.
La marche est politique. En découvrant ces espaces qui sont à la marge et cependant peuplés, elle montre que les frontières spatiales sont aussi des frontières sociales.
Careri s’évade de la ville-événement pour errer dans ce qu’il appelle Zonzo (la zone, l’espace exclu, à l’abandon, à la marge, inexploré et pourtant vivant). En se laissant porter par la marche, on franchit des frontières invisibles, on recompose une ville nouvelle.

Ce livre passionnera, au-delà des architectes et des plasticiens, ces flâneurs et ces explorateurs qui font de la ville leur terrain de chasse privé.

9782905357052

Jérôme Orsoni
Au début et autour, Steve Reich
les éditions chemin de ronde, 2011

Parfois, on entend dire qu’il va pleuvoir, et on ne prévoit pas que ce sera le déluge. Parfois, on entend dire It’s Gonna Rain, et on ne prévoit pas que ce sera le déluge – de la musique.
De la musique, c’est certain, Steve Reich aura marqué l’histoire. Et, c’est important. Tout aussi important : comment sa musique au début, avec It’s Gonna Rain donc, mais aussi Come OutPiano PhaseClapping Music, pièces parfaitement radicales et parfaitement audibles, marque le temps et l’espace dans lesquels elle s’inscrit. Et ainsi : comment sa musique, bien que très savante et très européenne, parvient à sortir de la tradition de la musique savante européenne et, américaine, invente de nouveaux canons musicaux, en répétant, en décalant, en ne se répétant donc pas, en cherchant dans les ressources du son lui-même les moyens de changer la musique elle-même. En inventant la musique de phase.
Il faut l’écouter. Ceci est un essai. Ou mieux : une pure fiction.

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Jérôme Orsoni
Tortoise / Standards
Éditions Le mot et le reste, 2008

« Si mes souvenirs sont exacts, il y avait cette jeune fille du Texas qui écoutait Indifference de Pearl Jam dans les années quatre-vingt-dix. Si mes souvenirs sont exacts, nous n’étions pas, nous, des Français, en exil, mais en voyage. Si mes souvenirs sont exacts, il y avait aussi avec nous ces Américains, eux, chez eux. Si mes souvenirs sont exacts, j’ai partagé un des deux écouteurs de cette jeune fille, adolescente, comme moi. Si mes souvenirs sont exacts, je n’ai jamais autant aimé cette chanson qu’à ce moment-là, écoutant et lisant sur ses lèvres. La pop, ce sera toujours ça, précisément. Le souvenir de cette jeune fille-là, adolescente, comme moi, Américaine, pas comme moi. Elle a dû devenir républicaine depuis lors, mais elle sera toujours cette jeune fille en musique. Elle sera toujours l’incarnation de la pop. Moi, ce que j’aimerais tenter ici, c’est une réconciliation de cette image de la pop avec une musique qui, en tous points, semble s’en écarter. Ce que je voudrais réussir à faire ici, c’est rendre la musique de Tortoise aussi sensible que la musique à la mode de ces années-là l’était pour cette jeune fille et pour moi aussi. Je voudrais que tu sois cette jeune fille. Je voudrais être aux côtés de cette jeune fille en musique cependant que nous écoutons Standards de Tortoise. Je voudrais que nous soyons assis l’un à côté de l’autre. J’aurais tort de dire qu’on ne peut pas entendre autrement la musique – autrement que l’un à côté de l’autre. Mais, j’aurais tort de te faire croire le contraire. La musique, ça circule. Je voudrais que tu entendes Standards de Tortoise circuler entre toi et moi, comme cette chanson a circulé entre elle et moi. Ce serait comme une autre forme de l’eros auditeur et de l’acouphènoménologie que nous fabriquons ensemble. »

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