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toutes les masses infimes.

s'il neige un hiver (Paris, 2010)

seule au fond pèse la masse infime grain de sable ou au contraire de poussière tas de tâches toujours remises à demain mauvaises herbes de l’avenir étendues sauvages sur le pas d’une porte

seule au fond c’est comme personne la suite de ces masses infimes agencements sans monde et mondes sans agents ardeurs dépourvues de combats armée certes mais de métaphores mortes

seule au fond court la théorie de nos masses infimes pas à pas sans halte jusqu’à dieusaihou peuples dont le visage est de ne pas le cacher ennemis sans âme en improbables cohortes

seule au fond reste ta masse infime virgule dans le temps qui passe somme sans prix des instants quand je te regarde un mouvement de ta main un spasme délicat avant qu’un rien ne nous emporte

 

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : voix

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la colonisation de l’imaginaire.

la mort est son visage (Roma, 2013)

tout de suite après la énième fin du monde
nous autres en assemblée difforme
parmi les ombres bâtardes et les spectres surannés
admirons la confiance de notre gesticulation

oh ! comme ce qui brûle est paisible et comme la vie est belle
colonise mon imaginaire colonise mon imaginaire

et les cils au bout de nos paupières closes
qui s’étendent tout autour sans fin
parmi les milices blêmes et les passions tristes
décrivent à la rigueur le rayon de notre action

oh ! comme ce qui brûle est paisible et comme la vie est belle
colonise mon imaginaire colonise mon imaginaire

au bout de nos forces quoi que nous y mettions
les doigts ou les mécanismes
parmi les vapeurs divines et les orbes débiles
arrachent à nous-mêmes cette pauvre libation

oh ! comme ce qui brûle est paisible et comme la vie est belle
colonise mon imaginaire colonise mon imaginaire

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : voix

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étranger animal.

39

dans les formes de personne je ne l’ai pas trouvé
sous la lumière éteinte et les yeux écrasés
tapi dans un coin l’étranger animal
écarte les bras et ne s’attend à rien
écoute-le comprendre la pâleur de la nuit
plus jamais l’obscurité mais surtout pas le midi
grands feux sur la ville et flammes sans vie
il dit aussi il n’y aura pas de jugement
toute chose restant toujours toute chose
il n’y aura pas la fin des temps
ce sont des formes d’avant qui ne sont plus pour nous
nous qui ne sommes personne ou alors bien trop
il écarte les bras et déjà tu ne sens plus rien
faut-il se tapir ainsi faut-il se tapir aussi

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : voix

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stries de france.

suivre les formes qui déjà s'effacent (sur une route de Bretagne, 2011)

Stries de France
qu’un seul mot occulte :
rien que pour ne pas exister
imagine
tout le temps qu’il faudra encore
et tout ce temps qu’il faudra
pour se dissoudre
pour ne laisser plus
que ce que nous aimons
que ce que nous sommes
des stries qui ne sont pas perdues
non
imagine
des stries de nulle part.

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : textes

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à quoi passes-tu le temps ?

18

Il n’y aurait plus que le ciel
et la lueur exacte d’un jour de pluie
ou l’impression plus vague peut-être
que quelque chose quelque part enfin.
Dans la lumière claire autant que grise

— est-ce seulement possible ? —

pour l’amour des éclipses
pour l’altitude des mains
pour la pression des sphères
pour la passion de rien

affecter encore demain.
Ensuite un peu à peine avant la fin
au-dessus là dans la demeure floue
où toute chose devient toute chose
les courants halètent
les aires cesse d’être prêtes.

Et toi alors, à cheval sur la mort, à quoi passes-tu le temps ?

 

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : textes

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de longs espaces blancs.

14

De longs espaces blancs ne feront jamais le tour du monde.
Au mieux couleront-ils entre nos doigts
comme ce cahier
que tu tiens
pour une disposition :
rouge lie rouge sang rouge.
Nous hésiterons ensuite un moment —
est-ce vrai qu’il n’y a jamais eu de chemin ?
Dis-le encore :
de longs espaces blancs ne feront jamais le tour du monde.
Il n’y a que les espaces d’un instant
— des points
c’est sans doute ce que tu veux dire —
ou par chance
des figures à présent
dont les traits plus tout à fait informes
apaisent l’espace de cet instant.

Tu repères une poussière sur le sol
— c’est elle qui interrompt l’exercice de ta respiration.

 

(*) Texte écrit pour ||||.
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Guillaume Collet : machines
Emmanuel Boeuf : guitares
Jérôme Orsoni : textes

 

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est-il besoin de se lever encore ?

46

Et clore un matin la liste des choses inachevées.
Celles qui sont restées lettres mortes
celles prononcées
vaines paroles en l’air.
Et comme il ne restera rien de nous
à peine des traces fugaces
— jamais des fulgurances —
— une date ou deux
tout au plus —
puisque c’est ce que tu penses —
est-il besoin de se lever encore ?
Tu voudrais saisir en une image
tout ce qui vaut que l’on s’élance
— le silence.
Le silence peut-être
ou l’horizon
ou ce que l’on croit apercevoir au loin
qui échappe
et n’est jamais à la portée d’une main.
Tu hausses les épaules.
Est-il besoin de se lever encore ?

(*) Texte écrit pour ||||.
|||| = Guillaume Collet : machines \ Emmanuel Boeuf : guitares \ Jérôme Orsoni : textes

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