Archives de Tag: capitalisme

Journal de Paris (15.3.16)

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Le capitalisme est une énième version de la tendance qui consiste à évacuer la question du sens de la vie pour en proposer une réponse unique et simple : « Consomme ». À un certain niveau d’abstraction, cette réponse n’est pas bien différente de celle-ci : « Crois » (pense à « Credo quia absurdum »). Mais d’un autre point de vue, elle s’en sépare totalement dans la mesure où elle ne dit rien d’autre que ce qu’elle dit, elle ne propose pas un autre monde, meilleur. Le capitalisme annule tout espoir, ne laisse rien qu’une terre brûlée par la consommation de toutes choses.

(NdlCR, 53)

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Journal de Paris (4.3.16)

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Le mal s’incarne sans doute bien dans la ruine (raison de la fascination qu’elle exerce sur les esprits romantiques qui sont particulièrement sensibles au problème du mal), au double sens de ce qui a été détruit et ce qui a été en vain.

Que le mal puisse prendre la forme « Tout ça pour ça » n’est pas de nature à nous rassurer, mais à nous rendre plus forts sans doute. Nous ne pouvons tout simplement pas nous abandonner.

La question du sens de la vie est d’autant plus importante que le capitalisme (c’est-à-dire : les marques qui s’adressent aux individus sous l’espèce du consommateur) se l’est accaparé. Or le capitalisme n’est pas une philosophie : il ne voit pas la vie sous la forme d’une question ou d’un problème, mais d’une réponse. La marque, le produit de la marque, l’image de marque que le produit transfère de la marque à l’individu consommateur est la réponse que le capitalisme apporte à la question du sens de la vie.

(NdlCR, 30-32)

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N’écoute pas. Fais quelque chose. 

Les médias de masse (c’est-à-dire : les médias qui forment les individus et les confondent en une masse informe à qui parler) parlent inlassablement des médias qui devraient ou ne devraient pas parler en fonction de l’air du temps de ce dont les médias parlent. Mais personne ne se demande pourquoi les gens écoutent, pourquoi ils continuent d’écouter malgré l’absence manifeste, évidente, d’intérêt, d’arguments, de sens. Personne ne se demande pourquoi l’air du temps souffle dans le sens de l’esprit du temps, dans le sens d’une désertification constante de l’esprit qui laisse l’espace libre à une succession de micro-événements médiatiques qui participent d’un entertainment généralisé destiné à remplir les esprits de la substance obsessionnelle du capitalisme. Et en un sens, on a raison de ne pas se poser cette question ; à condition de cesser d’écouter. Cesser d’écouter n’est pas alors un acte négatif, c’est la condition nécessaire pour que quelque chose se passe, pour reconquérir ta vie et interrompre la colonisation médiatique-capitalistique de ton imaginaire.
— N’écoute pas. Fais autre chose. Fais quelque chose.

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