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(Parler de) Pedro Mayr

 

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Entretien avec Fleur Aldebert, de la librairie Mollat, à l’occasion de la parution de Pedro Mayr

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Versions, § 192. Entretien avec Vadim Blanc (9)

Et ainsi, il faut que je vous le dise, contrairement à tout ce que vous avez pu lire à ce sujet, nous n’avons jamais fui, ma mère et moi. Tout ce qu’a fait mon père, c’est nous mettre à l’abri ici, en Suisse. Il avait tout organisé dans l’éventualité de son décès. Il avait tout prévu, parce qu’en un sens, il savait qu’il allait mourir. Et, s’il acceptait de mourir, il ne supportait cependant pas l’idée que sa famille soit une victime de la réaction en chaîne que sa mort allait provoquer si nous restions à Paris.

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Versions, § 190. Entretien avec Vadim Blanc (8)

Je suis né à Paris durant la Seconde Guerre mondiale, comme vous le savez. C’était en 1943. Mon père avait fini par trouver la mort quelques semaines auparavant, sur le Front de l’Est. J’emploie cette expression parce que, c’est ce que j’ai découvert en lisant ses carnets, il l’avait toujours cherchée. Quant à moi, si j’ai changé de nom, ce n’est pas pour échapper à cette identité, mais au contraire pour parvenir à la regarder comme on regarderait un étranger, froidement et durement. M’éloigner de mon histoire, c’était aussi, évidemment, la seule façon de l’écrire — j’entends par là : considérer le mal non seulement comme une structure innée de ma conscience, mais aussi comme un fait objectif.

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Versions, § 187. Variété de corps.

Et moi, je dois dire que je ne comprenais pas bien : j’imaginais des plumes à la place des mots, des plumes qui voletaient par petites touffes dans l’air cependant qu’un corps grave disparaissait soudain de l’horizon. Et puis, j’essayais de me représenter Vadim Blanc nu et fort, mais tout ce que je parvenais à voir, c’était un vieil homme dont un autre que moi aurait pu dire, peut-être, qu’il avait perdu la raison et qu’à présent, il divaguait.

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Versions, § 186. Entretiens avec Vadim Blanc (6)

— Mais vous ne pensez pas que l’art ait toutefois quelque rapport avec la vie ? — L’art n’a pas de rapport, dit Vadim Blanc en fermant les yeux. C’est seulement à la mort qu’on peut mesurer l’art : est-ce qu’un poème nous laisse fragile comme un oiseau tremblant sur le seuil ou bien nu et fort en face de l’ultime soleil ?

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Versions, § 184. Entretien avec Vadim Blanc (5)

C’est l’œuvre, Vadim Blanc l’avait dit deux fois, c’est l’œuvre elle-même qui, in fine, doit expliquer et rendre raison de l’œuvre. Tout ce qui est extérieur à l’œuvre se retrouve toujours en dernière instance hors-jeu. L’œuvre — la grande œuvre, naturellement — ne sort pas d’elle-même pour aider les gens à vivre ; elle aspire, elle absorbe tout. Elle regarde la mort en face.

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