Archives de Tag: espoir

Journal de Paris (15.3.16)

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Le capitalisme est une énième version de la tendance qui consiste à évacuer la question du sens de la vie pour en proposer une réponse unique et simple : « Consomme ». À un certain niveau d’abstraction, cette réponse n’est pas bien différente de celle-ci : « Crois » (pense à « Credo quia absurdum »). Mais d’un autre point de vue, elle s’en sépare totalement dans la mesure où elle ne dit rien d’autre que ce qu’elle dit, elle ne propose pas un autre monde, meilleur. Le capitalisme annule tout espoir, ne laisse rien qu’une terre brûlée par la consommation de toutes choses.

(NdlCR, 53)

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Journal de Paris (29.2.16)

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« Wie man wird » — sans objet, sans moi non plus, la vie qui devient.

Devenir est le verbe de la vie. — Vraiment ? Un peu comme si l’on disait qu’être est le verbe de la mort. Et que l’ontologie est une nécrologie.

Cela aurait-il un sens de déclarer, par exemple, que la littérature est la métaphysique de la vie, qu’elle ne cherche pas toutefois à en découvrir le sens ultime — parce qu’il n’existe pas —, mais à lui inventer toujours plus de significations, dans l’espoir qu’un jour peut-être, nous parvenions à vivre mieux ? Et c’est d’ailleurs ce qu’en effet, il faudrait exiger puisqu’une métaphysique sans espoir est vide. — Vivre mieux n’est pas un impératif collectif (comme le bonheur), mais un souhait individuel.

(NdlCR, 21-23)

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Versions, § 119. Une meilleure façon de vivre.

Quand même il ne resterait plus qu’une seule et unique chose à faire (attendre, par exemple), je sais d’expérience que certains d’entre nous continueraient quand même à tourner comme des lions en cage, chez eux, seuls, en attendant de trouver mieux — une meilleure façon de vivre. On aurait beau leur dire que cela n’en vaut pas la peine, que cela ne sert à rien (parce que la fin du monde est pour demain, par exemple), ils ne pourraient pas renoncer. On pourrait dire qu’il y a chez eux quelque chose de désespérant : même si c’est désespéré, ils ne peuvent pas cesser d’espérer.

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Versions, § 56. Une question sur la vie de Gottlob Deulofeu.

En faisant défiler devant mes yeux clos toutes les histoires au sujet de Gottlob Deulofeu qu’Elizabeth Sotomayor m’avait racontées jusqu’à présent, ainsi que ses propres interventions, et en essayant d’y mettre un peu d’ordre, au moins, à défaut d’y comprendre vraiment quelque chose, je ne pus m’empêcher de me poser à moi-même cette question : « Il aurait fallu ne pas perdre espoir. Mais qui peut se prévaloir, désormais, d’une telle foi ? ». Je remarquai aussi que c’était déjà ce que Pier Paolo Pasolini disait dans ce grand poème sur Rome, que j’aime tant.

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