Archives de Tag: femme

Versions, § 200. Paroles de mort.

Je ne dirai pas où j’ai atterri. Ni même si seulement j’ai atterri. Cela n’aurait pas de sens. On peut me considérer comme vivant. On peut me considérer comme mort. Tout ce que je sais à présent, à présent que j’ai perdu pour toujours la femme bleue et inexistante que j’aurais voulu embrasser, et baiser ses lèvres, pour toujours, et baiser son corps, pour toujours, c’est que tout ce que je dirai pourra être tenu pour les paroles d’un mort. Comme c’est romantique. Comme c’est romantique, prétendons en effet qu’il en est ainsi.

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Versions, § 198. Dans l’avion (1)

Dans l’avion, j’ai regardé les nuages. Et le bleu illimité qui leur a succédé. Et ce bleu était le bleu où la femme inexistante baignait, elle que j’avais perdue pour toujours. Et j’ai regardé mes pieds. Et je n’ai pas fermé les yeux.

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Versions, § 196. Larmes inexistantes.

J’ai été réveillé par une voix qui appelait un certain M. Wilhelm Matias (ai-je bien compris son nom ?) à la porte d’embarquement numéro 17. Et moi, au lieu de le suivre et de prendre le premier avion pour n’importe où, je suis resté assis durant plusieurs heures encore. Il me semblait que j’attendais que quelqu’un vienne me chercher, mais personne n’est venu. J’ai songé que je désirais une femme qui n’existait pas, et je me suis senti vide. Je n’ai pas pleuré ; pourtant, c’est bien tout ce que je pouvais envisager de faire.

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Versions, § 195. Les lèvres de l’aéroport.

Je ne voulais pas rentrer à Paris. À l’aéroport de Genève, je m’assis simplement sur une chaise en métal ou en plastique, je ne sais plus. Après avoir passé un long moment à contempler la liste des départs prochains, je m’endormis. Dans mon rêve, je vis à nouveau la femme bleue. Elle me laissa approcher si près d’elle, que j’étais sur le point de baiser ses lèvres.

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Versions, § 193. Piscine.

J’ai cessé d’essayer. À présent, je dérive dans cette étendue. Je ne sais pas combien de temps je passe ainsi, à suivre les ondulations du vent sur l’eau. Soudain, mon regard croise celui de la femme dans le bleu. Je pensais qu’elle était partie et que j’allais rester seul pour toujours, simplement flottant dans l’eau de la piscine. J’ai l’impression de me noyer.

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Versions, § 191. À la limite.

De là où je me trouve, il me semble que la femme dans le bleu se déplace. C’est un mouvement insensible, moins une translation qu’une manière d’ondulation légère, à la limite de la perception. Je lui souris et j’essaie d’approcher ma main vers elle, mais je me sens incapable de faire le moindre geste : bien que j’en aie la force, je n’ai aucun doute à ce sujet, je n’y réussis pas.

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Versions, § 189. Femme bleue.

Durant toute la période que mes entretiens avec Vadim Blanc ont duré, je n’ai pas rêvé une seule fois de lui alors même que, je m’en souviens, j’avais été excessivement angoissé à l’idée de le rencontrer. Non, dans mes rêves, je ne voyais jamais qu’une femme : parfois, j’aurais pu la prendre pour une île au milieu d’une grande étendue bleue, car l’endroit où elle se trouvait me semblait infini. Mais à d’autres moments, ce même espace me paraissait très limité. La première nuit que je rêvai d’elle, je voulus l’approcher, mais je n’y parvins pas.

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