Archives de Tag: Gottlob Deulofeu

Versions, § 163. Frontière des états.

« Travaille dès le réveil, sans te laisser distraire, sans même parler, en n’ouvrant les yeux que si cela t’est absolument nécessaire, aurait dit Gottlob Deulofeu, avait dit Elizabeth Sotomayor. Alors, tu n’es pas encore devenu une résistance, tu n’es qu’une masse poreuse, et la nuit peut passer à l’état diurne sans subir de transformations. »

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Versions, § 138. Histoire avec l’être.

Avec le temps, j’ai acquis la conviction qu’un mauvais engagement ontologique n’a pas seulement des conséquences théoriques désastreuses (ce qui après tout, admettons-le, n’est pas si grave que cela), mais qu’il conduit surtout à la destruction de celui qui entretient ces croyances erronées à propos de l’être. C’est pour cette raison, ajouterai-je, que les sectes philosophiques grecques ont toutes disparu les unes après les autres, et non parce qu’elles finirent pas passer de mode. Est-ce aussi à cause de cela qu’un matin, Gottlob Deulofeu se volatilisa ?

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Versions, § 106. Désuétude du bronze.

Aujourd’hui encore, on peut apercevoir certaines personnes pensives appuyer parfois leur menton sur le poing qu’elles forment de la main droite. Elles imitent en cela une statue qui semble dater d’une époque où l’on croyait que les personnes possédaient une âme. Aussi absurde qu’une telle croyance puisse désormais nous paraître — c’est une observation que Gottlob Deulofeu aurait pu faire, je crois —, il est en tout cas remarquable que ce soit dans la matière inerte que nos ancêtres aient voulu en inscrire la trace.

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Versions, § 83. Trouve-t-on toujours des raisons de ne rien faire ?

Elizabeth Sotomayor m’a raconté qu’à chaque fois qu’il était confronté par certains de ses contemporains à la possibilité que toutes ses entreprises soient vaines et inutiles, Gottlob Deulofeu haussait les épaules en même temps qu’il levait les yeux au ciel. Ce que lesdits contemporains devaient prendre pour du mépris n’en était pas : Gottlob Deulofeu ne faisait qu’indiquer par là qu’il avait déjà envisagé cette hypothèse et qu’il ne pouvait pas la rejeter complètement. Mais était-ce une raison pour rester là sans rien faire ?

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Versions, § 62. Vie d’Elizabeth Sotomayor (5bis)

On peut supposer que c’est pour cette raison qu’Elizabeth Sotomayor en est ainsi venue à prendre au sérieux les histoires de nuages de Gottlob Deulofeu. Parce qu’avec lui, chasser les nuages, c’était aussi les apprécier pour ce qu’ils sont, et ne pas se contenter de les vouloir dissiper, mais aussi flotter quelque temps au milieu d’eux. Et surtout, savoir que, comme ils reviennent toujours, nous devons apprendre à vivre avec eux d’une manière ou d’une autre.

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Versions, § 61. Vie d’Elizabeth Sotomayor (5)

Plus tard, c’est sans doute la conscience que la philosophie avait désormais pour conséquence de nous empêcher de faire ce que nous ne pouvons nous empêcher de faire — c’est-à-dire : de la philosophie — qui a dû finir par décider Elizabeth Sotomayor d’entrer au service de Gottlob Deulofeu. Là en effet, pensait-elle peut-être, le mal serait-il pris à la racine.

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Versions, § 56. Une question sur la vie de Gottlob Deulofeu.

En faisant défiler devant mes yeux clos toutes les histoires au sujet de Gottlob Deulofeu qu’Elizabeth Sotomayor m’avait racontées jusqu’à présent, ainsi que ses propres interventions, et en essayant d’y mettre un peu d’ordre, au moins, à défaut d’y comprendre vraiment quelque chose, je ne pus m’empêcher de me poser à moi-même cette question : « Il aurait fallu ne pas perdre espoir. Mais qui peut se prévaloir, désormais, d’une telle foi ? ». Je remarquai aussi que c’était déjà ce que Pier Paolo Pasolini disait dans ce grand poème sur Rome, que j’aime tant.

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