Archives de Tag: Ichirō Dubois

Versions, § 170. Aquarelle.

Penser à des lignes courbes, je crois deviner que c’est ce qu’Ichirō Dubois fit lui aussi dans la maison de repos où il passa la fin de son séjour. Des formes douces et amples au-delà desquelles l’infime partie de l’univers que l’on voit semble immense, une aquarelle pas tout à fait sèche dont les couleurs débordent délicatement les unes sur les autres. Allongé sur le dos, c’est ce qu’il fit des heures durant, immobile.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature

Versions, § 167. Tentative d’imitation.

Alors Ichirō Dubois avait imaginé qu’il était l’un de ces oiseaux exotiques. Plus exactement, il avait commencé de les imiter, les bras tendus de part et d’autre de son torse, gyrovaguant le long de ce qui lui tenait lieu de perchoir. C’est ensuite que, croyant à une tentative de suicide, le personnel de sécurité de l’immeuble s’empara de lui et l’immobilisa au sol. Preuve s’il en est qu’on est rarement compris quand on a de l’imagination.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature

Versions, § 166. Pluie sur les pilotis.

En haut de cet immeuble, une manière de ville sur pilotis, Ichirō Dubois avait soudain vu disparaître la mer. Est-ce à ce moment-là qu’il a voulu devenir architecte ? Ou au même moment qu’il s’est rendu compte qu’il préférait le vide aux constructions, l’air au béton ? Et que l’état de quasi-apesanteur où il se trouvait était encore trop artificiel pour réussir à transformer la façon dont les citadins conçoivent tout ce qu’ils trouvent alentour comme une dépendance d’eux-mêmes ?

Poster un commentaire

Classé dans Littérature