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Journal de Paris (23.2.16)

Pas de nuit, ou presque.

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Qu’un sens humain puisse ne pas suffire à la vie humaine prouve-t-il la nature cosmique de l’être humain ou sa nature comique ?

Il y a une attitude qui consiste à ne prendre les fiction que pour des histoires, ce qu’elles sont sans y être complètement réductibles, et à en nier la dimension existentielle, comme si le sens vraiment n’était jamais que dans le réel, attitude qui, parfois, conduit à ne même pas envisager la fiction, à l’ignorer comme si elle n’existait pas — au sens littéral et au sens figuré. Et pourtant, si l’on reconnaît que la vie est création de valeurs, la fiction ne doit pas seulement jouer un rôle existentiel, elle doit jouer, à proprement parler, un rôle vital.

La vie se développe, se déploie et croît — en quelque sorte : la vie « vit » — dans la création de valeurs.

(NdlCR, 11-13)

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Versions, § 163. Frontière des états.

« Travaille dès le réveil, sans te laisser distraire, sans même parler, en n’ouvrant les yeux que si cela t’est absolument nécessaire, aurait dit Gottlob Deulofeu, avait dit Elizabeth Sotomayor. Alors, tu n’es pas encore devenu une résistance, tu n’es qu’une masse poreuse, et la nuit peut passer à l’état diurne sans subir de transformations. »

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histoire de la nuit, 2 (Paris, 2014)

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09/07/2014 · 11:18

histoire de la nuit, 1 (Paris, 2014)

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08/07/2014 · 10:51

Paris, c’est du vide entre les endroits

r’n’b dans la nuit le taxi d’une rive à l’autre pas
de paysage seule la rue son reste de peuple ainsi
que la fatigue demain aussi évidemment

demain aussi évidemment la fatigue le cumul des
jours paris défile paris défilera paris que je ne
vois pas paris que je devine seulement

paris dans la nuit le taxi je ne garde nulle image
seulement le film qui se déroule sous les roues le
roulis pas les roues libres pas rougir

paris dans la nuit le taxi pas trop de mots bonsoir
onze euros au revoir c’est le prix de la nuit c’est
le prix des rives avancer et stop

après stop le boulevard marche un peu tête
droite devant odeurs ignorées pas dans
l’ignorance ne dis rien ce serait trop sois là écrire
bien

et alors assis tu es simplement là tu vois que
c’est ça paris la nuit un grand vide occupé par
endroits pourquoi n’est-ce pas toujours ça ?

tu ne vois rien mais tu réponds cependant c’est
toujours ça paris la nuit et pas seulement la nuit
paris : c’est du vide entre les endroits

paris, c’est du vide entre les endroits

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Paris, la nuit

La ville la nuit, Paris se repeuple d’êtres et de lumières. Si elle n’est plus noire depuis longtemps, si elle ne sera plus jamais noire, elle se montre par touches de couleurs qui apparaissent si vives. Si la nuit n’est plus noire, elle chasse cependant le gris du jour. Différences des couleurs de la nuit. Différences des corps dans la nuit. Invisibles. En traversant la ville, de la rue La Boétie au boulevard du Montparnasse, ce sont les traces lumineuses que laissent les phares des automobiles au bord du fleuve, les irisations des feux tricolores et des autres luminaires. Une lumière (rouge et bleue donc magenta) qui s’annonce droit devant. Et nous continuons d’avancer. La nuit ne connaît plus rien d’autre que la veille. C’est sous cet éclairage que Paris — comme toutes les villes, désormais — nous apparaît : la ville sans arrêt, la ville sans sommeil, la ville veille. Mais elle ne veille sur personne, si ce n’est sur elle-même. Sans sommeil, la ville ne prend plus soin que d’elle-même.

rouge et bleue donc magenta © Jérôme Orsoni

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