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Journal de Paris (1.3.16)

Dans le rêve que j’ai fait cette nuit, j’observais une star internationale (un genre de multinationale unipersonnelle de l’entertainment) expliquer au bon peuple assemblé en admiration devant lui qu’il fallait sauver la planète. Tout le monde savait, ou (plus exactement) tout le monde aurait pu savoir, qu’il ne se déplaçait qu’en jet privé payé par ce même bon peuple en pâmoison, mais cela n’intéressait personne ; tout le monde voulait se souvenir de ce film dans lequel il était beau, et jeune, et qui les avait fait rêver alors qu’ils étaient encore adolescents (c’était il y a longtemps). Ainsi, rien que pour ses beaux yeux, ils voulurent sauver la planète. Mais au moment de décider par où commencer, il leur fallut admettre qu’ils n’en avaient pas la moindre idée.

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La question du sens de la vie est la seule question métaphysique : à supporter, à assumer, et à transformer.

Celui qui ne souhaite pas vivre ne révolutionnera jamais rien.

Rien n’est donné. Rien n’est écrit. Rien n’est révélé. Ne t’attends pas à une signification a priori ou a posteriori.

(NdlCR, 24-26)

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Versions, § 157. Révolution.

L’excès d’individualisme qu’on reproche parfois aux gens — généralement aux autres — ne doit pas être confondu avec tous ces efforts faits par soi-même sur soi-même pour essayer sinon de devenir bien meilleur, au moins authentiquement moins mauvais. Cet ensemble d’efforts, que l’on condamne ou non l’individualisme, aboutit toujours à une révolution.

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Versions, § 156. Hyper esthétique d’Ichirō Dubois.

Comme on a déjà pu le lire (voir § 120. Origine des excentricités d’Ichirō Dubois), Ichirō Dubois ne s’était pas toujours comporté de façon aussi bizarre. Mais un jour, il avait connu une manière d’éclair de conscience — d’autres diraient sans doute : « une illumination », mais moi, je ne peux pas enlever les guillemets — ; il lui était apparu clairement que s’il devait mourir aujourd’hui, il aurait connu sa plus grande émotion en regardant une publicité pour une marque de chaussures. Son éclair s’était prolongé jusqu’à inclure dans cette hyper esthétique des milliards d’autres personnes comme lui. Et c’est sans doute ce prolongement qui avait achevé de convaincre Ichirō Dubois qu’il lui fallait dès maintenant procéder à sa propre révolution.

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