Archives de Tag: son

Versions, § 152. Bruit de la morale.

Dans ces moments d’abandon, quand nous ne sommes plus tout à fait nous-mêmes, mais simplement des corps en suspension dans une étendue sonore qui nous semble sans limites, dirions-nous que nous sommes privés de quelque chose nécessaire ou que nous sommes simplement heureux ?

Poster un commentaire

Classé dans Littérature, Traduction

Versions, § 133. Avec ou sans (laisser de traces).

Souvent, ce que je préfère (non, en effet, je ne préfère pas toujours les mêmes choses), c’est aller m’installer quelque part — au coin d’une rue, sur un banc public, ou bien sur l’herbe d’un parc. Alors, sans discipline particulière, j’écoute le son du temps qui passe. Puis, si le temps le permet, j’enregistre les sons qui passent. Mais jamais je ne dirai que je préfère les traces ainsi figées à ce paradoxal mélange d’activité et de d’inactivité qui donne lieu à l’écoute.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature

Versions, § 44. Le son de l’au-delà.

Ce soir, comme je ne parviens pas à le voir, j’ai essayé d’enregistrer le son de ce fantôme qui, j’en suis certain, déclenche certaines nuits la lumière automatique de la cour intérieure. J’ai veillé un certain temps avant de m’endormir. Au réveil, à l’écoute, il n’y avait rien que celui, distant et sans fin, de la ville au-delà. Je ne me résous pas néanmoins à croire qu’il n’existe pas.

1 commentaire

Classé dans Littérature

Versions, § 31. Un problème de Carl de Nemidoff.

Qu’à tout moment, la vie puisse faire interruption dans l’art, je ne crois pas que c’est ce qui avait posé le plus de problèmes à Carl de Nemidoff, mais plutôt que la possibilité de cette interruption ne fût justement pas un problème. Aussi, ce lundi matin, quand il n’entendit pas le moindre son sortir de son clavier, il ne fit rien de particulier. Il profita simplement de l’occasion pour fermer les yeux, et rester là pendant quelques secondes. Rien n’avait changé, rien n’avait été transformé et, pourtant, quelque chose se passait.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature

Versions, § 21. Sans le son.

C’était un lundi, le matin. Quelques jours plus tôt, le jeune Nemidoff avait achevé ses études au Conservatoire. Négligemment, alors qu’il appuyait de son index une touche du clavier sur lequel il avait l’habitude de s’exercer et d’expérimenter, aucun son ne se fit entendre.

Poster un commentaire

Classé dans Littérature

Il pleut

On a trop fait de la psychologie du son. Ou en quelque sorte, on a trop fait du son le miroir extérieur de nos états d’âme intérieurs, comme si écouter quelque son, c’était projeter sur eux ce que nous pouvons bien penser au moment que nous les entendons. Comme le son de la pluie, qui pourrait avoir telle ou telle signification en fonction de l’effet sentimental que cela nous fait (c’est la fin de l’été, le début de l’automne). On doit, au contraire, à John Cage d’avoir attiré notre attention sur un fait qui était passé complètement inaperçu avant lui : les sons sont simplement des sons. Et quand il pleut, il pleut. Et les sons n’ont pas besoin de signifier autre chose qu’eux-mêmes pour que nous puissions les aimer, et prendre du plaisir à les écouter. Ce pourrait être le début d’une théorie du son. En tout cas, pour l’instant, c’est le début de l’automne.

Poster un commentaire

Classé dans Enregistrements, Musique, Théorie

aujourd’hui

courir
une fragrance de figue
lire John Cage
le son de la cloche d’une église
écrire
le vent dans les feuilles de l’arbre dans la cour
partir

Poster un commentaire

Classé dans Littérature