Archives de Tag: vie

Journal de Paris (11.3.16)

Lumière crue et dure, pas de clair obscur, mais chair à nu qui brûle. Je me sens comme Sam Spade dans un avion pour nulle part.

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Qu’il ne puisse pas y avoir de modèle de ma vie, cela signifie que ma vie doit être quelque chose de plus — quelque chose de plus que tout — quelque chose d’autre que tout ce qui précède. L’autre, en ce sens, ce n’est pas un autre moi, c’est un autre nouveau, c’est l’inexistant.

La fiction, je pourrais ainsi la concevoir comme l’invention de l’inexistant.

Ainsi, s’il fallait, pour des raisons grammaticales, achevez la phrase, tu pourrais dire : « Comment on devient ce que l’on n’est pas. »

(NdlCR, 48-50)

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Journal de Paris (9.3.16)

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Le sens de la vie peut assurément être l’objet d’une connaissance, mais cette connaissance ne résout pas le problème du sens de la vie puisque la vie, il ne suffit pas d’en parler, il faut encore la vivre.

5La connaissance du sens de la vie n’est pas une condition suffisante à la résolution du problème du sens de la vie.

Ma vie n’a pas cette forme-là : je ne tends pas vers un moi qui me transcende — parce qu’il est le meilleur de moi-même ou parce qu’il est meilleur que moi-même.

Personne ne peut être un modèle pour moi-même.

C’est-à-dire : moi-même, je ne puis être un modèle pour moi-même.

(NdlCR, 43-47)

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Journal de Paris (8.3.16)

La vie est complexe ; n’essaie pas de la simplifier.

Sur l’internet mondial, je vois passer une déclaration péremptoire qui invite à moins se poser de questions. C’est un journaliste qui dit ça en commentant la faute de ce comédien qui a avoué qu’il se posait des questions à propos de tel ou tel sujet (peu importe lesquels, de journaliste, de comédien et de sujet, à vrai dire). Et c’est vrai : quand plus personne ne se posera de questions tout sera tellement plus simple, plus con aussi, mais ça n’a jamais dérangé personne ; — du moins, pas ceux qui veulent à tout prix faire le bien de l’humanité.

C’est une preuve, si l’on veut, que la pensée contemporaine (ou le simulacre qui en tient lieu) est une vaste pétition de principe. Celui qui se pose une question n’est même pas d’abord suspect, il est toujours déjà coupable et ce, avant même d’avoir formulé une réponse.

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